Crimes de guerre nazis en Agenais. Seconde guerre mondiale en Lot & Garonne

Mme ELLERO Dorino ex Mlle SERCAN Josette

vendredi 7 mars 2008 par Michel Sercan

 Josette ne reste pas là, va te cacher !

Je retourne à nouveau à la maison, remonte au grenier, cherche, l’après-midi dure, dure et dure encore. Mais maintenant j’ai trop peur pour rester. Alors je sors côté jardin depuis le coin du mur et des cages à lapins je regarde vers cette façade de l’épicerie où sont alignés ces pauvres hommes. J’y aperçois M. ADER. Là, je m’interroge et cet après-midi qui n’en finit pas. Que vont-ils leur faire ?… Vont-ils les emmener ?… Pourquoi ?… Maintenant où aller dans ce village assiégé ? … Alors, je pense enfin à ma sœur France 6ans1/2 qui est dans la classe de Madame à l’arrière de la maison de s maîtres. Mais maintenant je n’ose plus m’aventurer au milieu de tous ces allemands, il y en a partout, partout. Et les hommes du village toujours contre ce mur ?… Je me décide à longer le mur du presbytère, traverse la route vers le champ, puis en contournant, arrive dans la cour de la petite école et enfin à la porte de la classe. Madame me dit : Ils ont arrêté Monsieur. Par les fenêtres, qui pourtant orientés ouest et les champs, j’y vois encore des allemands au fond du terrain scolaire où il y avait des tranchées. Arrivent 17 Heures, nous sortons de classe. Ma sœur et moi restons auprès de Madame. Avec nous est aussi son fils « jojo » Georges 6 ans. Nous nous tenons au fond de la cour, le plus éloignés possible de l’épicerie qui est en flammes. Quelle frayeur, Denise (LEVIGNAC) nous rejoint « elle était employée de maison chez les instituteurs et avait 15 ans », Jojo se met à hurler « Jean-louis et Jean Marie vont brûler ! ». Se produisent des explosions, des flammèches s’envolent un peu partout. Madame ADER demande à Denise d’aller chercher la caisse des prisonniers. On a l’impression que tout le village va brûler. Des hommes, parmi eux le pépé BOUYSSÉS ont sorti des vélos, puis quelques affaires par la porte de derrière de cette maison en feu…

Puis maman a dû nous récupérer…

Madame TUFFAL et Josette sa fille –ma copine- qui est de mon âge emmènent des affaires chez nous. Les premières paroles que m’adresse Josette : « si ton père n’est pas sur la LISTE, s’il n’a pas d’armes, il n’est pas mort », ma réponse : « non, non il n’a pas d’armes ».


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