Crimes de guerre nazis en Agenais. Seconde guerre mondiale en Lot & Garonne

Témoignage d’André FOUGEROUSSE

lundi 24 mars 2008 par Michel Sercan

Résistant présent à La Clotte lors de l’attaque par les S.S. Extrait du journal 2007 de la commune de FOULIGNY (57220)

André FOUGEROUSSE né à Fouligny le 20 février 1922, est l’un des résistants retrouvés et toujours en vie, sur les huit résistants présents à La Clotte lors de l’attaque par les S.S le 7 juin 1944 vers midi.

André FOUGEROUSSE, expulsé, avec sa famille, pendant la guerre de 1940 à l 945, près d’Agen se rappelle :

En 1944 on m’a demandé de rejoindre la résistance. Je faisais partie du groupe ’’Veni’’. Le 6 Juin 1944, jour de l’appel historique, M. BLASI m’appelle . . .

A cinq où six, avec MAZEAU, LÉVY et quelques autres, nous sommes chargés de monter des caisses de munitions, mitrailleuses, cartouches et grenades au château de La Clotte, une vieille bâtisse abandonnée en haut d’une colline à 5 kms Cambillou, la ferme où j ’habitais à Pont du Casse. On se méfiait du voisinage. Ordre était donné de ne pas trop se faire voir.

Nous avons passé la nuit avec mon camarade Mazeau et deux autres à préparer les chargeurs et le matériel, les autres partant sur un autre secteur. Un peu de repos sur le matin...

Le 7 juin, vers midi, stupéfaction, le bas de la colline grouillait d’allemands. On les voyait se déployer pour l’assaut. C’est la panique. Que faire ?

Tout à coup ça pétarade, les Allemands ouvrent le feu. De notre rempart, nous vidons nos chargeurs par-dessus le mur au jugé.

Soudain je vois Mazeau tomber à côté de moi. Il est mort. Que faire seuls et sans munitions ? On se sépare. Je file vers la forêt, je me faufile dans un trou recouvert de broussailles.

J’entends les cris, les vociférations des Allemands qui investissent le château, puis battent la forêt. Des pas, à moins de 50 cm de moi… Quelle peur !

J’attends la nuit. Prudemment, je rampe, traverse un champ de blé, m’éloigne tant que je peux. Pendant quelques jours, je me nourris de fruits, errant de ci de là.

Des représailles à l’encontre de mes parents m’inquiétaient d’autant que mon vélo - avec mon nom sur la plaque numérologique - était resté au château. Peu à peu je m’enhardis et je rejoins mes parents.

J’ai appris plus tard qu’un vaste coup de filet contre la résistance avait été lancé dans tout le secteur. Sur dénonciation ou pas… je ne sais. Jamais je n’ai voulu revoir se maudit château !

Propos recueillis par madame Christiane PAYOT à FOULIGNY.


Portfolio

Extrait de « FOULIGNY pendant la guerre » de Christiane PAYOT André FOUGEROUSE 2006
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